Furie Lyonnaise
En général, Lyon est une ville plutôt calme. La nuit aussi. Mais depuis 8 ans déjà et pendant une semaine, les nuits lyonnaises deviennent des « Nuits Sonores ». L’air tremble au rythme des basses. Un bruit sourd envahit la ville et secoue les murs de la bourgeoise cité des gones. Cette vibration annonce le début des hostilités. Pendant 4 jours et 5 nuits, la jeunesse lyonnaise prend le contrôle des rues.
Cette année encore, du 12 au 16 mai, impossible d’échapper au plus grand festival électro de France. Les organisateurs pensaient faire au moins aussi bien qu’en 2009 avec 67 000 visiteurs. Ce fut mieux : plus de 80 000 festivaliers ont déferlé sur la ville. Les quadras et autres seniors ne sont pas tous retranchés chez eux, attendant que l’orage passe. Ils sont nombreux à participer à la fête. Mais dans les rues et sur les places, la plupart des festivaliers, s’ils ne sont pas tous mineurs, sont au maximum trentenaires.
Féria « à la lyonnaise »
Après une soirée d’inauguration arrosée (par la pluie) à la piscine du Rhône mercredi, la fête a investi la rue dès jeudi avec le « Circuit électronique ». Quatorze sites répartis dans toute la ville, des dizaines de concerts gratuits jusqu’au bout de la nuit, des navettes pour transporter tout ce beau monde, et le succès qui ne pouvait pas rater le rendez-vous populaire. Du succès ? Peut-être un peu trop. La foule a parfois été difficile à canaliser. Les files d’attentes interminables ont découragé plus d’un candidat. Quand elles n’ont pas fait monter la tension.
Tant pis pour ces anecdotes. Pour une fois Lyon la timide, Lyon la discrète, Lyon la secrète s’abandonne au plaisir de la fête. Et tout le monde en redemande. Rebelote samedi avec les apéros sonores. Du plus grand au plus petit, on secoue la tête et les reins devant les dizaines de DJ qui prennent place ici sur la place de la Bourse, là sous le marché couvert de la Martinière ou encore (et toujours!) au croisement de la rue Garet et de la rue de l’Arbre-sec. La foule envahit la voirie, les habitants ouvrent leurs fenêtres et dansent au balcon. Une ambiance de féria entre Rhône et Saône.
Depuis les débuts de ce festival, les spectacles oscillent entre manifestations populaires gratuites, et soirées « hype » à 30 euros la nuit. Une rencontre improbable mais pourtant bien réelle entre le monde des raves-party « Kronenbourg » et celui des boîtes de nuit « Moët et Chandon ». Un pari gagnant puisque les soirées payantes affichaient complet avant même l’ouverture du festival. Une mixité sociale qui se déroule dans une ambiance surchauffée mais bon enfant.
Jeudi, le service d’ordre est resté discret… jusqu’à ce qu’une bouteille atterrisse sur la scène place de la Bourse ! Les CRS ont alors débarqué pour s’assurer que les pompiers pourraient intervenir en toute sécurité. Certains évoquent également l’utilisation de gaz lacrymogène sur les quais du Rhône, près des péniches. Peut-être aussi aux abords du Sound Factory, submergé par le succès du concert gratuit avec pour tête d’affiche Bridy Nam Nam.
L’organisation semble parfois avoir été dépassée par l’ampleur de la foule. Elle penserait à renforcer l’encadrement, voire à limiter le nombre de spectacles en plein air. Ce serait tellement dommage…
Nuits sonores : juste un instant de poésie
Et au milieu de l’hystérie des Nuits sonores, un instant de poésie. Samedi soir vers minuit, sur les berges du Rhône, une vingtaine de jeunes gens visiblement malentendants discutent et participent à leur manière aux festivités. La vidéo n’est pas de bonne qualité, elle a été tournée de nuit, avec un téléphone portable et après de (trop?) nombreuses bières…
L’échange n’est pas non plus très construit. Un peu de gêné de les importuner, voire honteux de les filmer comme s’ils étaient des phénomènes de foire. Pourtant, cette image me touche. Un échange silencieux au milieu de la frénésie du festival, un lieu de calme et de sérénité. Pourtant, ils sont tous plus excités les uns que les autres. Une fête silencieuse, mais une fête quand même. Et croyez moi, de ce point de vue là, rien ne les différencie des “entendants”!
La fête du travail, c’est un peu comme le carnaval. Des cotillons, des ballons, des drapeaux multicolores. Et le soleil – radieux pour cette édition – qui se marie si bien avec la musique des hauts parleurs syndicaux. Dans le cortège, on danse, on chante, on crie (beaucoup), on boit (un peu). Qui se doute que cette année, à Paris, pendant que certains célèbrent la lutte syndicale, d’autres préparent des funérailles.
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La presse indépendante va mal
La guérilla médiatique, ça use
Obama oublie l’Afrique
Historique ! L’élection du 44e président américain le 4 novembre 2008 marque déjà l’Histoire. Pour la première fois, un homme de couleur est au seuil de la Maison blanche. Barack H. Obama, fils d’un immigré kenyan et d’une américaine blanche, pourrait bientôt devenir le premier président noir des Etats-Unis. La société américaine, marquée par l’esclavage, la ségrégation et le racisme semble enfin prête à demander l’absolution. Elle a choisi le fils d’un africain pour la lui accorder.
A moins d’une semaine du scrutin, le jeune sénateur de l’Illinois est donné grand favori face au vieillissant John Mac Cain. Sa force : avoir su séduire le monde avant de conquérir le cœur des américains, tout comme l’avait fait avant lui John F. Kennedy. Pour Olivier Richomme, maitre de conférence à l’université Lyon 2 et co-auteur de « L’Amérique de Barack Obama », le candidat démocrate a été plus loin que son illustre prédécesseur : « Kennedy avait conquit le cœur des américains et des européens. Obama a aussi séduit l’Asie et l’Afrique. »
En Afrique justement, « l’Obamania » atteint des sommets, comme le rapporte l’hebdomadaire Courrier International : « Au Kenya, de plus en plus de bébés portent son nom. En Ouganda, un axe a été baptisé Boulevard Obama. Et au Nigeria, des belligérants ont même appelé à un bref cessez-le-feu en l’honneur du candidat démocrate à l’élection présidentielle. » En 2006, la visite du sénateur de l’Illinois au Kenya avait été un franc succès. Des milliers de personnes s’étaient déplacées pour acclamer « le candidat de l’Afrique », comme le surnomment aujourd’hui certains journaux du continent noir.
Harry Sullivan est consul américain à Lyon. Il connaît l’Afrique pour y avoir occupé plusieurs postes diplomatiques. Pour lui cette ferveur populaire tiens dans la symbolique Obama : « Obama suscite de l’espoir en Afrique. Le fils d’un kenyan est en passe de devenir le président du pays le plus puissant du monde. » Dit autrement, Obama est l’incarnation africaine du rêve américain.
Mais Obama se sent-il africain ? Métisse, dans une Amérique où l’identité dépendant avant tout de la couleur de la peau, le jeune Obama a d’abord éprouvé des difficultés à se positionner dans la société. N’ayant que très peu connu son père (divorcé de sa mère alors que Barack n’a que deux ans), « il a décidé de mener des recherches personnelles pour savoir qui il était. Il est allé au Kenya pendant sa jeunesse pour retrouver sa famille » raconte Harry Sullivan. C’est à ce moment là qu’il a fait la connaissance de sa grand-mère, de ses oncles et de ses demi-frères et sœurs kenyans.
« L’Afrique ne compte pas. » Olivier Richomme
Malgré ces liens évidents avec l’Afrique, c’est avant tout en tant qu’américain qu’Obama se définie. Si le candidat démocrate a su renouer avec ses racines africaines, il s’est aussi – et surtout ! – rapproché de ses compatriotes américains de couleur. Harry Sullivan raconte : « Lorsqu’il a obtenu son diplôme de droit, il aurait pu travailler pour un grand cabinet et devenir riche, mais il a préféré travailler auprès des défavorisés », en pratique, une majorité d’afro-américains.
Lié à l’Afrique par son père, intégré à la communauté afro-américaine par son engagement et sa couleur de peau, le candidat démocrate a été influencé par son éducation : « Barack a été élevé par sa grand-mère blanche. En fait, à l’intérieur, il comme moi, il est blanc », affirme le consul américain.
Lorsque l’on demande à l’universitaire Olivier Richomme si l’Afrique est évoqué dans le programme d’Obama, il est catégorique : « Absolument pas. L’Afrique ne compte pas. » Crise économique, conflits au Moyen-orient, réforme du système d’assurance santé, « Peut-être qu’Obama porte l’Afrique dans son cœur, mais il aura d’autres chats à fouetter. » D’autant que son électorat reste peu sensible à la situation de l’Afrique, y compris les afro-américains. « Il existe trois groupes d’afro-américains : les descendants des esclaves qui ont connu la ségrégation, les afro-caribéens et les immigrés africains récents, explique Olivier Richomme. Ils ont tous des points communs, mais ils ont aussi des parcours et des références culturelles différentes. » La majorité des Noirs américains n’entretient plus de liens directs avec la terre de leurs ancêtres. La traite a déraciné les esclaves et effacé l’Afrique de la mémoire de leurs descendants.
Le sénateur de l’Illinois est issu de la troisième catégorie d’afro-américains, et en tant que tel, il a dû batailler pour se faire accepter par l’ensemble de la communauté noire des Etats-Unis. Aujourd’hui, il doit rassembler pour gagner l’élection américaine : « Obama joue sur son identité multiple, ce qui est très innovant. », complète Olivier Richomme. Il se présente donc avant tout comme un américain, et élude la question de ses origines africaines qui pourraient être prises pour cible par ses adversaires.
Pas la peine d’espérer que le premier président Noir règle le problème du Darfour, ni que les objectifs du millénaire pour le développement ne soient tenus. Même s’ils sont les plus gros donateurs avec 21 milliards de dollars en 2007 selon l’OCDE, les USA ne consacrent actuellement que 0,16% de leur PIB en aides publiques au développement alors qu’ils s’étaient engager à atteindre 0,7% de leur PIB d’ici 2015. Avec la crise économique qui se profile, le développement de l’Afrique ne sera pas une priorité. La seule évolution positive qu’entraperçoit Olivier Richomme concerne la forme des relations diplomatiques entre l’Afrique et le reste du monde : « Les pays africains vont peut être se sentir plus écoutés. Mais même s’il en a envie, Obama n’aura pas à priori les moyens de mener une autre politique américaine en Afrique. » Les Africains prennent conscience de cet état de fait. Le 29 octobre, le « Cameroon tribune » titrait « Et l’Afrique ? ». Une façon résignée de réclamer l’attention du candidat démocrate, un Noir qui détiendra enfin le pouvoir de représenter ce continent, grand oublié de la mondialisation.
Rédigé le 23/02/2009
Apprendre à aimer l’école

Depuis 2007, 137 atelier relais et 284 classes relais redonnent le goût d'apprendre aux élèves en décrochage
En Rhône-Alpes, près de 6000 jeunes quittent le système scolaire sans qualification. Le chômage touche de plus en plus les moins de 25 ans de la région, et les non diplômés sont deux fois plus nombreux à s’inscrire à pôle emplois que ceux qui ont un niveau bac+2. Pour mettre fin à ce gâchis, le ministère de l’Education nationale met en place les atelier relais pour lutter contre le décrochage scolaire.
C’est le cas de l’Atelier Relais Delaune à Echirolles qui prend en charge les élèves de cinq collèges de l’agglomération Grenobloise. Les collégiens qui se portent volontaires sont alors encadrés pendant 5 semaines. Ils sortent des murs du collège pour suivre un programme aménagé. Au coeur de l’apprentissage, des cours de rattrapage en français et en math, beaucoup de sport, et des ateliers pour réapprendre à apprendre.
L’objectif : redonner confiance. Confiance en soit, confiance en ses capacité, confiance dans le système éducatif et les adultes qui l’incarnent.
Réalisé le 12/03/2010
Du pouvoir des mots aux maux du pouvoir
« Appuyez-vous sur les principes, » disait Oscar Wilde. « Ils finiront bien par céder. » Dans Mephisto for ever de Tom Lanoye, présenté par la MC2 de Grenoble dans la série le «Tryptique du pouvoir », les principes s’effondrent comme des colonnes de pierres rongées par un lichen, qui remonte doucement des bas-fonds politiques. Le pouvoir nazi corrompt tout, y compris les artistes qui tentent de s’opposer à lui.
La mise en scène du flamand Guy Cassier, directeur artistique de la Toneelhuis à Anvers, dérange, avant de plaire. Les textes sont interprétés en néerlandais, un idiome dur auquel l’oreille s’habitue lentement. Le spectateur doit chercher la traduction sur les panneaux lumineux répartis aux quatre coins de la scène, tout essayant de garder un œil sur les acteurs. Difficile de suivre le cours du texte.
“Appuyez-vous sur les principes, ils finiront bien par céder.” Oscar Wilde
Pourtant au fur et à mesure, la puissance de la mise en scène occulte ces frustrations primaires. La parole s’éclipse, les jeux de lumières et le rythme d’élocution des acteurs font sentir la pesanteur de l’histoire mieux que les mots. L’utilisation de la vidéo projection numérique démultiplie la scène. Les acteurs sont tour à tour (et parfois simultanément) sur les planches, sur les écrans, et hors du jeu. Ils s’improvisent techniciens et réalisent les trucages vidéos dans l’ombre. Ils jouent avec caméras et les écrans géants, traversent le plateau, s’immobilisent pendant de longue minute, absent mais toujours là, avant de réapparaître subitement au beau milieu de la scène. L’œil du spectateur navigue entre ces scènes multiples et observe la même histoire sous les différents angles qui lui sont proposés.
Le son et l’image, parfois considérés comme des gadgets superflus, sont maniés habilement. Ils se marient pour illustrer toute la violence des évènements, le cataclysme historique auquel assistent Kurt Köpler et sa troupe de théâtre. Unis dans le jeu, ils s’entredéchirent face à la montée du parti Nazi.
La déchéance annoncée d’un idéaliste vaniteux
Kurt Köpler est un acteur célèbre, il aurait pu fuir. Mais il décide de rester en Allemagne, et de continuer à jouer. Son but : miner le système de l’intérieur, certain que la puissance émancipatrice de l’art dramatique participera à la lutte contre le nazisme. Mais le pouvoir hitlérien s’infiltre discrètement, sournoisement. Le « gros », ministre de la Culture du Reich apparaît sur scène au beau milieu d’une conversation, sans que l’on se soit aperçu de son entrée. Comme sorti de nulle part, il déverse des paroles de miel dans l’oreille du directeur du théâtre. Tiraillé entre ses convictions politiques et sa carrière d’acteur, entre l’amour de l’art et le respect de la patrie, Kurt Köpper hésite, avant d’accepter de travailler pour le Reich.
La liberté de l’artiste s’efface progressivement et devient un outil du pouvoir. Le théâtre se transforme en tribune pour le ministre de la propagande, un tonitruant sosie de Joseph Goebbels, qui harangue une nation fatiguée de la guerre totale. Ballotté par la puissance politique trop forte pour lui, le directeur du théâtre trahi ses idéaux, ses principes, son art, et jusqu’à ces fidèles amis qui meurent ou le renient. Infecté par le pouvoir, la bouche de Köpler s’assèche, les mots qui en sortent ne sont plus les siens, ses gestes saccadés font de lui un possédé, comme le Mephisto de Faust. Jusqu’à ce qu’il soit frappé d’aphonie, la punition de ceux qui vendent leur âme d’artiste.
Cette fable historique traite de la relation du pouvoir et de l’art. Mais elle décortique plus profondément le lien entre humanité, principes et puissance, montrant combien il est difficile de les combiner sans s’égarer, et finalement perdre sa raison de vivre. La mise en scène magistrale de Guy Cassier sert habillement la démonstration en suggérant les errements d’un idéaliste trop vaniteux pour fuir devant sa déchéance annoncée.
Pour Villard-de-Lans, l’avenir est électrique
Alors que Lans-en-Vercors accueille la 21e édition du rallye sur glace “Trophée Andros”, la commune voisine de Villard-de-Lans expose quelques véhicules électriques. Cette station de ski du Vercors s’est en effet doté de camionnettes et d’une motoneige expérimentales fonctionnant sans essence.
Pas question pour le maire Chantal Carlioz et Max Mamers, l’inventeur de la course sur glace, de parler d’enfumage médiatique. Non, selon eux ces véhicules ne sont pas là pour occulter la pollution occasionnée par le rallye (qui se déroule par ailleurs dans le parc naturel du Vercors). Les passionnés de sport automobile se défendent des accusations de “Greenwashing”. De toute manière, selon eux, ils n’auraient pas d’utilité à entreprendre une telle démarche. Lorsque l’on pose la question à Max Mamers ou à des coureurs comme Nicolas Prost (le fils d’Alain), ils assurent d’une seule voix qu’un évènement comme le Trophée Andros est moins polluant qu’un match de foot et ses milliers de supporters motorisés.
Le maire de Villard-de-Lans voit surtout dans cette exposition une façon de promouvoir les voitures électriques. A cette occasion, l’édition 2010 du Trophée Andros a d’ailleurs accueilli la première course sur glace de véhicules entièrement électriques.
Première course entièrement électrique sur glace. 21e édition du trophée andros
Réalisé le 03/02/2010
Corinne, 38 ans, aime jouer aux playmobil
Ma Parole : Qui sont les passionnés de playmobil ?
Corinne Chatroux : Les membres de notre association « Génération playmo » ont la trentaine en moyenne. Il y a autant d’hommes que de femmes, autant d’ouvriers que de cadres ou d’enseignants. En Isère, je connais beaucoup de collectionneurs, mais ils sont en général plus âgés. On a assez peu d’adolescent. Vers 15-16 ans, il y a une sorte de coupure. Les gens reviennent aux playmobil plus tard. Quand ils ont des enfants.
“Je ne suis pas « un peu accro », je suis accro tout court !”
Ouvrir le débat sans en avoir la clef
« Le coût de l’adhésion ne doit plus être un obstacle au sacrifice de son temps » a déclaré Ségolène Royale le 5 novembre, lors d’une réunion publique à La Bellevilloise (Paris Xxe). Quand à ceux qui éprouvent des « difficultés financières » en ces temps de crise ? « Nous les rembourserons, en tout cas nous trouverons une solution ». Une solution radicale, pour tenter de mobiliser les militants et éviter une abstention massive. Le vote du 4 novembre qui départagera les 6 motions en lices est crucial pour l’avenir du parti. Les signataires du texte adopté par les militants pourront proposer un candidat à la direction du PS, lors du Congrès de Reims, le 22 novembre.
Le vote se fait dans une ambiance bon enfant à la section PS d’Echirolles (Isère), même si Ségolène Royale séduit autant qu’elle exaspère. Pour Micheline, 82 ans dont 30 ans de carte au parti, « Elle a raison ! Avant, et bien ceux qui ne pouvaient pas payer, on discutaient, on s’arrangeaient… Maintenant, ça dépend. » Dans certaines sections, on permet toujours aux militants de payer en plusieurs fois.
De son côté, Christian, 65 ans, 30 ans de parti lui aussi, n’est « pas d’accord pour rembourser les cotisations. On peut s’arranger mais il faut un acte d’engagement. Moi, j’ai mis 4 ans pour adhérer. Avant, c’était du sérieux. Il fallait avoir des parrains et passer un entretien pour expliquer son choix. »
Kristof, 30 ans est militant depuis 10 ans, et lui aussi est irrité par l’intervention de Royale : « Je suis un peu scandalisé. A 24 heures du vote, je ne trouve pas cela très fair-play. Son intervention, c’est un coup médiatique juste avant le vote. C’est un peu démago… » Largement reprise par les médias, ce « coup médiatique » a effectivement permis à la présidente de la région Poitou-Charentes d’occuper le devant de la scène à la veille du vote.
25 euros dans l’Isère, 60 euros dans le Rhône
François Hanry, trésorier de la fédération iséroise du PS et signataire de la motion E (Ségolène Royale – Gérard Collomb), explique la démarche : « Ségolène ne fait que soulever un problème. » Au congrès de Rennes en 1990, la question du prix des cotisations avait déjà fait débat. Depuis la campagne de 2007, les primo adhérents bénéficient d’une ristourne en ne payant que 20 euros. Mais pour le renouvellement de la carte, les prix sont très hétérogènes : de 25 euros en Isère à 60 euros dans le Rhône. Pour les partisans de l’ex-candidate à la présidentielle, cette déclaration n’a rien de démagogique. Elle traduit le courage de leur protégée qui ose parler des choses qui fâchent.
L’objectif de Ségolène Royale ? « Que l’adhésion au PS soit définitivement fixé à 20 euros » sur l’ensemble du territoire. Pour François Hanry, il faut « simplifier l’accès au parti » pour éviter que le PS ne soit « un parti de fonctionnaires, de retraités, de classe moyenne. » Attirer les citoyens modestes en clair. C’est ce que tous les partis politiques cherchent à faire. A l’UMP, le tarif plein est de 25 euros, 10 euros pour les demandeurs d’emplois. Au MoDem, les moins de 21 ans paient 10 ou 20 euros, les étudiants et demandeurs d’emploi, 5 euros.
« Démago » ?
Le prix du « timbre » se divise en deux parts. La rue Solférino reçoit une contribution nationale de 16 euros. Ensuite, un complément voté au niveau local est reversé à chaque fédération départementale, d’où les disparités selon les régions. En Isère il est de 9 euros, dans le Rhône 4 fois plus. « Certaines sections sont plus endettées que d’autre. Chacune d’entre elles à une histoire propre, » explique François Hanry.
Ségolène Royale tiendra-t-elle cette promesse ? N’ayant pas détaillé les modalités concrètes, elle s’expose au même procès en incompétence que celui qui l’a discrédité pendant les présidentielles de 2007. François Hanry explique la démarche : « Elle ne veut pas fermer le débat avant de l’avoir ouvert. » Pourtant, les marges de manœuvre sont faibles. Les cotisations représentent 40% du budget de la fédération Isère. En cas d’universalisation du prix de la cotisation, quid des « histoires propres » à chaque fédération ? Le débat reste ouvert…
Rédigé le 06/11/2008
Un peu d’Eire à Grenoble…
La déontologie, meilleure défense des journalistes
« Quelle confiance accordez vous aux professions suivantes ? » Cette question a été posée lors du sondage GfK Trust Index. Les européens plébiscitent les pompiers et les métiers de la santé, qui monopolisent les premières places du classement. Suivent les services de police, les météorologues, les juges, les avocats… Et pointant en fin de tableau : les journalistes, qui n’ont décidément pas bonne presse (16e sur 20). C’est qu’ils seraient trop proches des puissants, donc malhonnêtes.
« Le médiateur n’est pas un procureur »
L’emprunte environnementale des étudiants est bonne
Pour l’inauguration de la semaine du développement durable, l’association “Effet papillon” propose aux étudiants de mesurer leur impact sur l’environnement. Bonne nouvelle, les étudiants Grenoblois polluent peu. Mauvaise nouvelle : ils polluent peu parce qu’ils n’ont pas les moyens financiers de polluer plus…
C’est dans les têtes que se tient le combat contre les mauvaises habitudes. Une vérité qui justifie d’autant plus cette semaine basée sur la prévention et l’information.
Un reportage réalisé le 01/04/2010
Antoine*, un squatteur « comme tout le monde »
“Soit je crevais dans la rue, soit je bossais à l’usine et j’arrêtais la musique. J’ai choisi une autre solution.”
L’amour vache de la mairie pour les squats
Depuis maintenant 25 ans, le « 102 », rue d’Alembert occupe une place particulière dans le paysage culturel de Grenoble. Et pourtant, avant de devenir un cinéma-salle de spectacle-galerie d’art, le « 102 » a été occupé illégalement pendant 10 ans. Une décennie de squat.
« La ville citait les « 400 couverts » en exemple, et elle les a expulsé ! »
Des p’tits trains dans la tête
Alain aime les trains. Il les aime tellement qu’il a posé des rails dans son jardin, qu’il a construit une gare et qu’il a érigé des ponts. Heureusement, Alain apprécie surtout les miniatures électriques. L’installation fait tout de même une dizaine de mètres de long. Rencontre avec cet Isérois passionné de modélisme ferroviaire.
Reportage réalisé le 27/11/2009
Le retour du crieur public
« Ce que je veux, c’est un temps pour rassembler tout le monde, que l’on soit ensemble dans un même moment, »
Témoins de Jéhovah, obsédés de la bible
« La foi, c’est une croyance ferme et résolue parce que l’on est convaincu de quelque chose. Vous avez la définition à la fin de la bible… »
La coupe d’Europe de Hockey se joue à Grenoble
Après une année difficile, pénalisée notamment par les difficultés financières du club, les Brûleurs de loups accueillent la finale de la Continental cup à Pôle Sud. Une coupe d’Europe jouée sans pression par les petits Poucet grenoblois.
Reportage réalisé le 13/01/2010
Les cafés-concerts en phase terminale ?
C’est bien souvent un tremplin pour les musiciens débutant. Mais sur Grenoble, les cafés-concerts sont en mauvaise santé. Le 1er janvier 2009, le « Galways pub » fermait ses portes sur la rue Colbert. L’année d’avant, jour pour jour, c’était le « Mistral gagnant » rue Rhin et Danube qui remballait les amplis. D’après Rycil le gérant de l’Art-ti-cho, 80% des cafés-concerts présents sur Grenoble ces dernières années ont fermé ou ont renoncé à accueillir des groupes.
Benjamin ne tourne plus dans les cafés-concerts. Avant de se faire un nom, son groupe « Macze de Carpate » les a fréquenté. Il se souvient : « En 1996, on passait au Café Notre-Dame. Il n’y avait rien, il fallait amener la sono. Mais le patron ce faisait plaisir et il nous mettait le lieu à disposition. Ca permettait de faire les premiers concerts. Maintenant c’est plus compliqué avec les nuisances sonores… »
Car c’est peut-être bien cela la raison de cette hécatombe. Les règles en matière de nuisance sonore sont strictes en Isère et sur Grenoble en particulier. Fin des concerts à 23h15 et évacuation des bars à 1h pétante ! Ordre de la préfecture… Pour les contrevenants, c’est descente de police à répétition. Et les voisins n’hésitent pas une seconde à appeler la maréchaussée dès que le son est trop fort.
“Même pour faire un karaoké, on en chie… ” Le gérant d’un bar cours de la Libération.
Du coup, pour s’assurer que le niveau sonore reste correct, les autorités imposent aux bars de poser un « limiteur » sur leur sono. Le petit boîtier électronique veille à ce que la musique ne dépasse pas 90 décibels. Sinon ? « On coupe le soooon ! » comme dirait Philippe Catherine. La gentille boi-boite baisse d’un coup le volume. Rien de tel pour flinguer l’ambiance en plein concert. Comme le dit Benjamin, le bon côté de la chose, c’est que les oreilles du public sont protégées si le groupe est un peu bourrin.
Mais problème, la limite de 90 décibels est intenable en pratique. Un public enthousiaste qui applaudit un peu fort et les plombs sautent. Un coup de caisse claire, c’est environ 140 décibels. Alors maintenir le son en dessous de la limite réglementaire, c’est mission impossible.
A Grenoble, les cafés-concerts galèrent et les groupes en subissent les conséquences. Ces derniers attendent impatiemment que la SMAG (Salle de musiques amplifiées de Grenoble) sorte enfin de terre. Avant que ce serpent de mer montre son nez du côté du site Bouchayer-Viallet, la dynamique scène locale boit la tasse.
Réduire ses déchets en achetant intelligent
Acheter une barquette de yaourts, un geste anodin. Pourtant, une fois le produit consommé, le pot de plastique, la languette aluminée et l’emballage en carton se retrouvent au même endroit : à la poubelle.
La gestion des déchets domestiques est un enjeu colossal pour les années à venir. Si la croissance économique n’est pas au mieux actuellement , la poussée démographique ne faiblit pas. Plus nous sommes nombreux, plus nous consommons, plus nous produisons de déchets.
Pour éviter de finir ensevelis sous nos propres immondices, il existe des solutions. A Grenoble, l’association “Objectif Zéro Déchets” organise une opération de sensibilisation dans le temple à la surconsommation d’emballages que sont les grandes surfaces. Un argument fait mouche : la diminution de la note à la caisse. Car n’allez pas croire que les emballages sont gratuits…
Reportage réalisé le 27/11/2009
Passer le permis est devenu un vrai chemin de croix : tarifs exorbitants, temps d’attente prolongé entre les présentations à l’examen, manque d’inspecteurs… A Grenoble depuis novembre 2009, Franck Chatail compte développer un business pour faciliter la vie des prétendants au papier rose. Il a ouvert une agence de location qui propose de louer des voitures à double commande, et il n’est pas le seul. Une offre parfaitement légale, même si l’accompagnateur n’est pas moniteur d’autoécole. Il suffit de se faire encadrer par quelqu’un âgé de plus de 28 ans et en possession du permis depuis au moins trois ans. Une heure d’exercice de conduite coûte ainsi deux à trois fois moins cher qu’une heure d’autoécole.
17/11/2009


















